Pour faire suite à l’initiative de Cyrille, suivie de S., voici ma liste (non exhaustive, et sans ordre de hiérarchie aucune, quoique...) des 10 meilleurs films de tous les temps, selon un avis hautement subjectif. Cette liste, que d’aucuns trouveront dissidente, sert néanmoins à compléter les précédentes listes, postées ici. Un des principaux critères de sélection restant la possibilité de revoir ces films avec toujours le même plaisir.


.Apocalypse.now.[Francis.Ford.Coppola].
.Shining.[Stanley.Kubrick].
.Lost.highway.[David.Lynch].
.Le.Silence.des.agneaux.[Jonathan.Demme].
.Trois.couleurs.Bleu.[Krzysztof.Kieslowski].
.Psycho.[Alfred.Hitchcock].
.Naked.[Mike.Leigh].
.Miller’s.crossing.[les.frères.Coen].
.Paris.Texas.[Wim.Wenders].
.La.Rivière.[Tsaï.Ming.Liang].

Mais aussi :

.La.Guerre.des.étoiles.[George.Lucas].
.Blade.runner.[Ridley.Scott].
.Conan.le.barbare.[John.Milius].
.Le.Bon.la.brute.et.le.truand.[Sergio.Leone].
.Il.était.une.fois.en.Amérique.[Sergio.Leone].
.Gerry.[Gus.Van.Sant].
.Les.Liaison.dangereuses.[Stephen.Frears].
.Cure.[Kiyoshi.Kurosawa].
.Ran.[Akira.Kurosawa].
.L’Echelle.de.Jacob.[Adrian.Lyne].
.Excalibur.[John.Boorman].
.Usual.suspects.[Brian.Singer].
.Requiem.for.a.dream.[Darren.Aronofsky].
.Trouble.evryday.[Claire.Denis].
.21.grams.[.Alejandro.González.Iñárritu].
.Freaks.[Tod.Browning].
.La.Jetée.[Chris.Marker].
.La.Déchirure.[Rolland.Joffé].
.Johnny.got.his.gun.[Dalton.Trumbo].
.Le.Tambour.[Volker.Schlondorff].
.Un.Poisson.nommé.Wanda.[Charles.Crichton].
.Dogville.[Lars.Von.Trier].
.Festen.[Thomas.Vinterberg].
.Les.Habitants.[Alex.Van.Warmerdam].
.Le Retour.[Andrei.Zviaguintsev].
.Mullholland.Drive.[David.Lynch].
.Eyes.Wide.Shut.[Stanley.Kubrick].
.Parle.avec.elle.[Pedro.Almodovar].
.Les.Lois.de.l'attraction.[Roger.Avary].
.Mad.Max.2.[George.Miller].
.Les.Harmonies.Werkmeister.[Bela.Tarr].


Mais j’en oublie… et il y en a tant que je n'ai pas encore vus...

Dans une sous-liste d'outsiders, je mettrais bien :

Un 32 août sur terre
The Yards
Little Odessa
Angel Heart
La Répétition
Seul contre tous
C'est arrivé près de chez vous
Uzak
Boys don't cry
Buffalo 66

[...]


Dans le nouveau film de Marcelo Pineyro, Kamchatka (sorti en France le 1er décembre 2004) avec à l’affiche deux stars du cinéma argentin, dont Cecilia Roth, révélée en Europe par le cinéma d’Almodovar, une famille d’intellos fuit la dictature militaire pour se cacher dans une maison abandonnée. Ils vivent sous un faux nom (le père devient David Vicente, rapport à la série les Visiteurs, métaphore des troubles politiques), s'interdissent tout rapport avec le monde extérieur, et s'imposent des règles de sécurité. Pas tant un film sur les événements politiques qui changèrent le cours de l’histoire de ce pays meurtri, que sur la transmission, comme en témoigne ce livre trouvé sur une commode. Sur la première page, l’ancien propriétaire a inscrit son nom et une année : «Pedro ‘75». Le fils aîné, âgé de dix ans, ne s’en sépare plus. Véritable pivot du récit, il oscille entre insouciance inhérente à l’enfance que ses parents tentent de préserver, et prise de conscience de la réalité, plus funeste. Le livre, petit précis d’apprentissage de la survie, narre les aventures de (Harry) Houdini, plus qu’un magicien, un artiste de l’évasion (sic). Lorsqu’à leur tour, les réfugiés doivent quitter leur cache, le livre retourne à sa place, enrichi d’une nouvelle trace : «Harry ‘76». Si sa mise en scène reste consensuelle, le film fourmille de symboles qui servent son sujet principal, à commencer par le jeu de société qui lui donne son titre : Risk.

Les règles de Risk semblent simples. Dominer le monde, en atteignant un objectif secret, pioché au hasard en début de partie. Chaque joueur doit, par exemple, soit occuper un certain nombre de continents, soit placer des armées sur plusieurs territoires, soit éradiquer un adversaire. Une partie réussie se mesure avant tout au temps qui peut s’écouler, entre chaque tour, que chacun emploie à se lancer dans moult pourparlers à la table des négociations. Il convient donc de bien choisir ses partenaires de jeu. Bavards et machiavéliques de préférence. Ah, je me souviens de ces longues batailles homériques qui, au point du jour, ne voyaient pas encore l’issue finale. Il s’écoulait parfois plus d’une heure avant le lancé de dés suivant. De pactes de non agression en alliances militaires, en passant par les trahisons pouvant faire basculer une région du monde dans un bain de sang, sans compter avec les tyrans psychopathes dont il faut ménager l’ego au risque de les voir déclencher une guerre totale menaçant les objectifs de chacune des forces en présence. Ce souci de toujours avancer masqué et cette peur de voir les autres belligérants deviner son propre objectif. Ah, ce frisson, lorsque, après avoir évalué ses chances de réussite en fonction de l’occupation du terrain, des armées amassées, on lance la campagne finale, l’assaut censé mener à la victoire, rompant tous les traités, priant pour une moindre résistance ennemie et pour que la chance n’abandonne pas chaque attaque. Car contrairement à un autre jeu, Diplomatie, les affrontements directs se règlent, au cours d’une partie de Risk, avec l’aide des dés, donc du hasard. Les détracteurs de ce jeu déplorent ce facteur, mais personnellement, je lui attribue l’un de ses attraits majeurs. En effet, au gré des résultats des lancés, il arrive qu’un territoire, défendu par une poignée d’irréductibles, tienne le siège face à une armée surpuissante. La force ne résout pas tout. L’Histoire nous livre de fameux exemples, et citons Stalingrad, s’il faut livrer un exemple.

Dans Kamchatka, le père et le fils passent des soirées à se disputer le monde, toujours à la faveur du père, figure de l’autorité, de la sagesse, de l’intelligence. Mais voilà qu’un soir, le fils prend le dessus, les dés se ralliant à sa cause. Symbole de maturité, cette partie voit le fils conquérir le monde en défonçant les frontières défendues par son père. Jusqu’au Kamchatka, cette région reculée de l’Asie, dernier bastion avant la victoire totale. Hélas, le dernier retranchement résiste, repousse les assauts des dés, exaspérant le conquérant pressé d’en finir. Proche de la victoire qui tarde à venir, le fils capitule, terrassé par le sommeil. Moralité : même lorsque tout semble perdu, tant qu’il reste un souffle de vie, on peut se permettre d’espérer, ou du moins, résister. C’est cet ultime message que le père livre à son fils, au creux de l’oreille, à la fin du film, avant de disparaître à jamais sur les routes avec son épouse, laissant les enfants chez les grands-parents. Ils ne se reverront jamais plus, mais le relais a été transmis. No pasaran !


"Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c'est qu'on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va, pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."

.Un.ange.pisse.



On n’en perd pas une goutte. Une affiche collée sur un corps en sueurs annonce : «Je suis une vierge dégoulinante. Prends-moi.» Vierge, je l’étais lorsque j’ai gagné mon strapontin R-21, sans savoir ce que la nouvelle création de Jan Fabre, dont j'ignorais tout, me réservait. Mon cas ne constituait pas une exception, au vu des nombreux sièges qui ne tardèrent pas à claquer de concert, libérés du poids de leurs occupants respectifs, outrés, exaspérés, choqués, las, excédés. Une vision me revint alors à l’esprit : la même scène, au mois de mai dernier, salle Debussy, Palais des Festivals, Cannes, à la projo presse de Tropical Malady. Un principe : ne jamais sortir avant la fin, subir l’épreuve, attendre la surprise, voire la révélation, ou du moins la confirmation qu’on n’a pas aimé, et surtout, savoir pourquoi et pouvoir en parler. Nombreux doivent être les journalistes qui retourneront leur veste en se payant une séance de rattrapage à la sortie en salles de l’ovni thaïlandais.

Ce soir, tout commençait dans la circonspection. En lieu et place de chorégraphie, quatre couples de danseurs miment l’habillage d’une armure invisible. Avant de se mettre à battre le fer pour certains, et à sangloter pour les autres. La séquence s’étire dans le temps. Au fond de la scène, un plan séquence d’une heure trente : en plan rapproché, Els Deceukelier, muse du chorégraphe passe par toutes les émotions, du rire hystérique aux larmes écumeuses, alors que sur scène, en chair et en os, elle porte pendant la quasi-totalité du spectacle, à bout de bras, une perche épileptique, un axis mundi fébrile, croulant sous le poids d’un ciel trop chargé, ou titubant à force de faiblir face aux épreuves. Ses compères, torse nu pour les hommes, soutif noir pour les filles, tous en jupe, enchaînent les saynètes, qui s’étalent suffisamment longtemps pour susciter toutes sortes d’émotions chez le spectateur, ouvertement invité à réagir : en quittant la salle, en remuant sur son siège en changeant de position toutes les dix secondes, en riant bruyamment (pour masquer une certaine gêne ?) ou en toussant, ou encore en prenant part aux insultes bientôt proférées sur scènes, comme comprenant un des niveaux de lecture de The Crying Body. Libérez-vous, poussez vos limites au-delà du seuil de tolérance de votre corps. Le sujet de cette performance : explorer les fluides corporels, ceux qu’on produit dans diverses situations. Face au danger, éreinté par les affres de la maladie, ou mû par le désir sexuel. Avec ce leitmotiv, décliné à l’envi : «Pourquoi pleurer quand pleurer n’aide pas ? Justement pour cette raison : parce que pleurer n’aide pas.» Pessimiste ? Peut-être. Mais cynique, certainement. Désespéré, sans doute. Ce concert d’insultes vomies s’élève au-delà des tribunes. Vers les cieux. Car la religion transpire à travers toute l’œuvre. Témoin, ce Christ sans croix, littéralement accablé de crachats. Quelque temps auparavant, ce Jésus pathétique, vêtu dune soutane rapidement ôtée, exhibait à l’assistance son sexe, émancipé face au témoignage d’une jeune ingénue lui racontant au confessionnal ses frasques sexuelles. Le must de la provoc restant deux scènes incroyables : des danseuses, figées comme des statues, jambe levée, urinant sur les planches ! Bientôt, un danseur vient sauter à pieds joints sur les flaques (une spectatrice au premier rang poussera un cri après avoir reçu des éclaboussures : hilarant). Et cette longue séquence où pendant plus de quinze minutes, les membres de la troupe se livrent à une pantomime sabbatique, leur ombre projetée sur l’écran, démesurée, infernale. Les fantômes de Bosch et de Goya planent. Toutes les positions du coït y passent, de la levrette à la fellation, en passant par la brouette turque, avec comme seul fond sonore leur souffle, leur râle. Avant qu’un chant d’esclaves ne vienne se mêler à la fête. Jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que leur corps dégouline littéralement de sueur, jusqu’à ce que leur odeur envahisse la salle, représentation en odorama naturel d’un lupanar.

Si je suis sorti indemne de cette démonstration de force, de ce manifeste dérangeant, je reste cependant perplexe, face à tant de surprises dramaturgiques. En tout cas, si je me demande toujours si j’ai aimé, ou si l’indifférence reste de mise, force est d’admettre la force de la performance, où chacun se donne corps et âme à l’entreprise. On entre vierge, on ressort inconsciemment recouvert de tous ces fluides mêlés. Mais ce n'est pas sale.

.p.s.: c'est S. qui m'a entraîné dans ce traquenard... Sans vouloir faire de délation...

.The.Crying.Body.
Jan Fabre
Theâtre de la Ville
du 23 au 27 novembre 2004
.Apprenez.à.retenir.ce.nom.

.Apichatpong.Weerasethakul.


.Déconseillé.aux.âmes.sensibles.



Le titre actuel de cette série se résume à un mot : Haines. Gilles Peress a entamé ce travail en 1989, après la chute du Mur de Berlin, et l'effondrement du bloc soviétique, qui divisèrent les peuples et réveillèrent des haines interethniques alors tapies sous le joug du communisme. "J'étais obsédé par l'expérience de ces populations, prises au milieu d'affrontements et de tensions [...], vivant côte à côte, se ressemblant, parlant le plus souvent la même langue, ayant les unes avec les autres plus en commun qu'avec le reste du monde, et qui s'entredéchiraient." Mais son travail ne se limite pas à l'Europe, puisque l'exposition présentée à la galerie Fait & Cause, dans le cadre du Mois de la Photo, réunit des séries sur l'Irlande du Nord, la Bosnie et le Rwanda. De la rue, on ne peut rester indifférent à ces images d'une force incroyable. Attiré, l'oeil entraîne le corps à leur rencontre, et il ne sera plus question de compter les minutes à passer devant chaque cliché. Impressionnant. A voir absolument ! Photo Poche sort en décembre une édition compilant les différents travaux du photographe. Idée cadeau ?


.Haines.Gilles.Peress.
galerie Fait & Cause
58, rue Quincampoix. 75004. Paris
Du 9 novembre 2004 au 5 février 2005.

.p.s.: dans la même rue, à la galerie du Jour, des photos de notamment Nan Goldin et de Dennis Hopper. Moins conquis...

.Interlopes.



«Je milite pour la reconnaissance médiatique des tordus, des gros, des flagellés, des suceurs de pied…»

Résonances. Ces photos signées Jean-Christian Bourcart, appartiennent à une série sur les boîtes échangistes et sadomaso, que le photographe a fréquentées, volant ces scènes en cachant tant bien que mal son appareil (exercice difficile dans un lieu où presque tout le public se retrouve nu !). Outre l’évocation de l’atmosphère enfumée des backrooms du Bang-Bang bar (J’ai dit Gang-Bang bar ?) où Laura et Dona se perdent dans Twin Peaks, fire walk with me (David Lynch), ou l’esthétique des clips de metal-indus des 90’s (Nine Inch Nails, Marylin Manson, Metallica période «Load»), ou encore l’ambiance feutrée et empruntée du fameux clip «interdit» de Placebo signé Gaspar N., ces clichés entrent en résonance avec Nuit noire, de João Canijo, présenté au dernier festival de Cannes dans la section Un Certain Regard. Un film âpre qui s’ouvre sur la découverte d’un cadavre vidé de son sang, répandu sur le carrelage des chiottes d’une boîte de strip-tease que nettoie la fille du patron, trop moche pour monter sur scène. En une nuit, les membres de la famille qui tient ce lieu d’évasion interlope voient leur destin basculer. De la midinette naïve à qui on promet une carrière de chanteuse en lui présentant un producteur qui n’est autre que l’usurier (accessoirement un ponte de la mafia russe) au patron, endetté et contraint de refourguer sa fille en guise de paiement, en passant par l’épouse fatiguée et la fille maudite. Filmé nerveusement près des personnages, comme si le réalisateur avait caché sa caméra (comme JCB) pour s’immiscer dans ce drame, Nuit noire ne s’épargne aucun stéréotype de rigueur sur la boîte de nuit aux murs qui collent, où échouent les brebis aux rêves las (putes d’Europe de l’Est) et les loups aux crocs usés. Mais son traitement claustrophobe et le malaise qu’il instille dans chacun de ses plans en font une curiosité à voir.

Egalement à l’affiche, mais sur les planches : Paradise (codes inconnus 1), de Daniel Keene, mis en scène par Laurent Laffargue. Vladimir (tiens, un nom slave…), vieux bellâtre aux allures de crooner, présente de sa voix gainsbourgienne les numéros du Paradise, night-club au nom prometteur. Les spectateurs pénètrent dans la salle sous les décibels d’une musique techno. Accueillis par un physionomiste et une charmante hôtesse très légèrement vêtue, ils s’installent sur des banquettes, et revêtent les atours des clients, voyeurs malgré eux. Au milieu, prolongement de la scène traditionnelle de théâtre : un podium. Et au fond, un bar, où le videur et le barman se lancent dans la philosophie de comptoir, forcément drôle, puisque pathétique et dérisoire. Le spectacle commence, sur scène, et dans la salle. Des danseuses (dont certaines finiront complètement nues, au cours d’un numéro inspiré d’Exotica d’Atom Egoyan) apparaissent et ondulent dans les rangs, frôlant les couples de quinquagénaires qui se sont jetés sur les meilleures places (placement libre), sous le podium, plus près des jambes écartées. Le trouble s’installe d’emblée. Se succèdent alors des saynètes ou le pire côtoie le meilleur. Là encore, les clichés se bousculent : la vieille taulière alcoolo qui succombe d’une overdose dans les chiottes (décidément), le mafieux qui vous tient par les coucougnettes, la nouvelle danseuse ingénue qui rêve de ballets, le vieux pervers en mal d’affection caressant les jeunes écolières, et le lien entre tous : la solitude. «Notre époque connaît un regain de puritanisme, explique Laurent Laffargue, alors que la publicité et la mode exhibent partout le corps érotisé comme argument commercial. Ce paradoxe entre un certain retour à l’ordre moral et l’omniprésence de l’allusion me pose question. J’ai eu envie d’explorer l’ambiguïté de cette fascination et de cette condamnation.» Résultat très inégal, qui n’exploite peut-être pas assez la scénographie impliquant le spectateur. Elle aurait gagné en interactivité si le public avait pu se lever et évoluer dans la salle comme dans une véritable boîte, voire consommer des verres tout en assistant au show. Restent des segments qui font mouche, une programmation musicale efficace (incluant notamment «To bring you my love» de PJ. Harvey) et une interprétation très convaincante d’«Alleluia» de Leonard Cohen, par Crystal Sheperd-Cross.



JCB s’illustre en ce moment dans une nouvelle série intitulée Traffic. Pris exclusivement au téléobjectif, des clichés de New-yorkais coincés dans leurs voitures. «Il y a toujours des embouteillages en bas de chez nous sur Canal Street. Les gens, les Américains semblent mélancoliques et résignés, tapis derrière les vitres teintées de leur grosse berline. D’autres dans le bus ou les taxis s’assoupissent, frappés par la longueur du jour. Moi, sur le trottoir, je les ausculte à travers mon puissant téléobjectif. Je les regarde me regarder, incrédules, stupéfaits comme les animaux pris dans les phares, la nuit. Certains ne bougent plus. D’autres tentent de se tourner, se protègent du journal, de la main. Quelques-uns confrontent mon regard mécanique abandonnant ainsi leur image à une destinée dont ils ne savent rien. […] Je cherche à montrer la solitude, l’incommunicabilité, l’enfermement… le contraste entre la représentation idyllique de la publicité et la réalité des gens coincés dans les embouteillages. Mais c’est aussi une tentative de rencontre, très éphémère, avec ces gens-là.»

.Forbidden.City. Jean-Christian Bourcart, texte Régis Jauffret, Ed. Le Point du jour.
.Madones.Infertiles. Jean-Christian Bourcart, Ed. TDM.
.Traffic. Jean-Christian Bourcart, laboratoire Janvier et galerie Léo Scheer.

.Paradise.[codes.inconnus.1]. Daniel Keene.
mise en scène : Laurent Laffargue.
Théâtre de la Commune.
Aubervilliers
Du 05 novembre au 16 décembre 2004.

.Nuit.Noire. João Canijo
Avec Rita Blanco, Beatriz Batarda, Fernando Luis, Cleia Almeida.
Actuellement au cinéma.


.ZZ.top.



Elle aurait amplement mérité le prix d'interprétation féminine au dernier Festival de Cannes pour son extraordinaire performance dans 2046, de WKW. Ou tout du moins, le partager avec Maggie Cheung, qui n'a pas volé le sien pour son rôle d'ex-junkie se rachetant une conduite dans Clean d'O. Assayas. Doublement à l'affiche cette semaine, Zhang Ziyi arrachera des larmes aux fans du remix d'In the mood for love, et impressionnera les amateurs d'arts martiaux avec ses prouesses physiques et ses talents de danseuse dans Le Secret des poignards volants [House of the flying daggers], de Zhang Yimou.
.24.S03e14.L’épisode.qui.tua.ma.série.culte.




.2001.2004.

.[post.faisant.écho.à.celui-ci.et.à.celui-là].

.Des.bavards.

"Si ce que tu as à dire est moins beau que le silence, alors tais-toi".
Notes 1 - 10 / 16