.Joyeux.[no].hell.
Bilan d'une année cinématographique pleine de surprises. Voici le Top Ten 2004 selon .M.F.



.[01].21.Grams.[Alejandro.González.Iñárritu].
.[02].Gerry.[Gus.Van.Sant].
.[03].Uzak.[Nuri.Bilge.Ceylan].
.[04].S21...[Rithy.Panh].
.[05].Open.range.[Kevin.Costner].
.[06].Lost.in.Translation.[Sofia.Coppola].
.[07].Collateral.[Michael.Mann].
.[08].Old.Boy.[Park.Chan.Wook].
.[09].The.Assassination.of.Richard.Nixon.[Niels.Mueller].
.[10].Los.Muertos.[Lisandro.Alonso].


Mais aussi :

.Clean.
.ExilS.
.Samaria.
.Printemps.été…
.Spiderman.2.
.Big.fish.
.The.village.
.Infernal.affairs.
.Eternal.sunshine...
.2046.
.Tropical.malady.
.Fog.of.war.

.photo.:.Naomi.Watts.&.Alejandro.González.Iñárritu.

Autres listes .ici.
et .là.



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You still can see the picts from .7Sam.LAN3. and .7Sam.LAN4.


Pas très fan de cirque. Pourtant, force est de constater qu’on ne peut que sortir conquis d’une représentation des Arts Sauts. S. m’a emmené voir leur nouveau spectacle, Ola Kala, sous le chapiteau de la Villette. On y pénètre dans une quasi obscurité, pour se caler dans l’un des transats installés tout autour de cette structure métallique à peine visible. La position confortable qui oblige le regard à se tourner vers le plafond vous fait penser qu’au moins, vous dormirez bien, si l’ennui vient poindre. Soudain, des ombres, des silhouettes, petits farfadets espiègles, apparaissent aux abords du filet. La lumière se fait plus intense, et ces petites créatures vous entraînent dans les hauteurs, accompagnées de leurs musiciens, interprétant des morceaux un tantinet new-age, savant mélange d’électro et de chants ethniques. Pluie de talc, ombres projetées sur les murs, composant des hydres fantastiques, plongeons et vols mêlés exploitant l’ensemble de l’architecture, en apesanteur, l’équipage repousse les lois de la gravité avec délice et vous réconcilie avec le trapèze. Il paraît que Ola Kala signifie «tout va bien» en grec. Une façon de conjurer le sort. Il y a quelque temps, la troupe a traversé une épreuve douloureuse, lorsque l'un de ses acrobates a fini paralysé après un violent télescopage. Ce soir-là, le sort ne les a pas désarçonnés.



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Après Nicole, Charlize...


A la demande d'un visiteur, je consens à lancer une autre session de .4.Mots.pour.un.film. avec Aguirre, la Colère de Dieu de Werner Herzog. Par principe, nous rappelons les règles du jeu : définir ou évoquer un film donné en quatre mots, sachant que tous les articles, même élidés (ex.: L ou S apostrophe), comptent pour un mot.



En espérant que ce visiteur ne sera pas le seul à jouer avec votre serviteur, nous ouvrons les hostilités avec une première proposition :

.Kinski.Herzog.:.ennemis.intimes.


"Le tragique est survenu entre-temps, avec sa part d’irrémédiable. D’aucuns voudraient tout effacer. Je crois au contraire que le propre de l’homme, ce qui le fait grand, est la mémoire, où l’on regarde le pire et le meilleur. Il le rend plus problématique. A chacun, désormais, de faire son usage de la mémoire". (Bernard Comment)



Il nous reste des traces. Tombé par hasard, en musardant dans les rayons d’un grand magasin, sur un petit livret au titre énigmatique et au nom plus qu’évocateur. Rapide coup d’œil sur la quatrième de couverture, pour apprendre qu’en juillet 2002, «lors du festival de Montpellier Radio-France, Noir Désir répondait à une invitation de France Culture pour un concert unique.» Dans un cadre exceptionnel, le cloître du couvent des Ursulines, le plus grand groupe de rock français de tous les temps ne s’est pas contenté de répondre à l’invitation, mais s’est livré à une véritable performance, avec tout ce que cet exercice implique d’improvisation, d’aléatoire, de magique et d’exceptionnel. Les éditions Verticales restituent dans ce petit livre, accompagné d’un CD, le texte de ce long morceau de 55 minutes, titré Nous n'avons fait que fuir, tendu comme un titre des Doors, violent comme une colère sourde, poétique comme l’œuvre d’un Rimbaud ou d’un Lautréamont, frénétique comme le chant d’un Brel.

Impossible de dissocier l’œuvre de Noir Déz du drame au cœur duquel se place son leader charismatique, Bertrand Cantat. Est-ce la fin du groupe pour autant ? Trop d’encre a coulé à ce sujet, alors pourquoi y revenir, à l’occasion de cet achat ? Simplement parce qu’il y a peu, je suis tombé sur un clip du groupe interprétant en duo avec Bashung une chanson, «volontaires», juste le temps de nous rappeler que les petits nouveaux, Luke, Saez, et consort, auront beau se racler la gorge, la laisser dérailler au bout de certaines phrases, ou encore rouler les r, personne ne remplacera ni n’égalera la force poétique des textes de Cantat, dits, susurrés, hurlés, déclamés comme dans cette longue incantation, avec autant de maîtrise et de cœur. Ce soir Bertrand ne dérange que les démons et les anges, mais son ombre continue de traîner sur les platines, dans les esprits des amoureux du rock à texte. Au patrimoine. Et on continuera à se méfier des contrefaçons. Il n’est pas encore venu, le temps où l’œuvre de ce groupe mythique et unique, loin d’être enterré, aura entraîné le public dans la lassitude. Lost, peut-être, mais not stranded yet.

.Nous.n'avons.fait.que.fuir.[Bertrand.Cantat].
.Editions.Verticales.


.photos.:.Bertrand.Jamot.



Cinquième session de .4.Mots.pour.un.film.

Rappel des règles, somme toute toujours aussi simples : définir ou évoquer un film donné en quatre mots, sachant que tous les articles, même élidés (ex.: L ou S apostrophe), comptent pour un mot.

Cette fois-ci, nous jouons avec celui qui dégusta notamment le foie d'un employé du recensement, avec un excellent chianti et des fèves au beurre : "Ffff-fffff-ffff-ffff..." .[Le.Silence.des.Agneaux.Jonathan.Demme].

Je commence : .Bill.aime.les.grosses.


Les séries américaines détiennent le secret d'utilisation des guest-stars. Dix contre un que les scénaristes de Nip/Tuck connaissent par coeur Goldeneye, cet épisode des aventures de James Bond qui révéla au grand public Famke Janssen, sous les traits d'une tueuse perverse limite SM qui prend son pied en étouffant ses amants entre ses jambes... Pour preuve, le rôle d'Ava Moore qu'elle tient dans la saison 2, actuellement diffusée sur Paris Première. Sorte de coach psy moderne, elle instaure un climat de confiance avec son nouveau patient, le fils du docteur McNamara, en lui confiant une photo d'elle à moitié nue. Avant de s'envoyer en l'air avec, pour le récompenser de ses progrès en cours. Intelligente, perspicace, redoutablement belle. Dangereuse. Une plus-value pour cette saison. Vive le polaroïd !



Initiative judicieuse ou non, la direction du Théâtre de la Ville a cru bon de prévenir le public avant l’extinction des lumières : «ce spectacle comporte une scène violente.» D’entrée, une voix intime des ordres : «Simon says break the bottle. Simon says cut the chest. Simon says hit the belly. Simon says show your dick. […] Simon says cut your veins…» Sur le sol, un homme allongé, immobile. Bientôt, une jeune femme vient jouer avec un vêtement en boule, tandis que le corps se lève et entame une danse d’épileptique fatigué, tel un pantin livré à lui-même, obligé de s’orienter au gré de la volonté d’un partenaire impassible. Au fond de la scène, un front de mer ouvert sur un ciel écarlate, avec dans un coin le box de l’animateur d’une émission de radio : Sonic Boom.

Les amateurs de ballet se sont trompés de spectacle. Et les amoureux de la langue de Molière ont atterri à la mauvaise adresse. Ici, les comédiens s’expriment en néerlandais, donnant corps (et âme) au texte de Peter Verhelst, tandis que le DJ débite sa logorrhée en anglais. Quant à la danse, il faut attendre un long prologue pour qu’apparaissent enfin, les uns après les autres, tous les danseurs. Pour peu qu’on fournit un certain effort pour entrer dans cet univers déconcertant, l’émotion sourd alors pour s’imposer. Circularité des mouvements, toujours au bord du déséquilibre, tour à tour ensemble et seuls, ils se croisent pour mieux s’unir, tandis que se déploie la musique originale de David Eugene Edwards, leader du groupe rock 16 Horsepower. Après ces échanges verbaux entre deux couples, l’un vieux, l’autre jeune, comme deux représentations de différentes étapes de l’histoire d’une rencontre mélancolique, on atteint alors, une fois les corps lancés, une sorte de paroxysme dans le mouvement. Mais la grâce des gestes rejoint celle des mots. A la croisée du théâtre, de la poésie et de la danse contemporaine, le nouveau spectacle de Wim Vandekeybus s’immisce lentement, par petites couches successives, dans l’esprit du spectateur. Comme une bruine, ou ces embruns auxquels le corps s’habitue, pour mieux se laisser surprendre par l’orage qui soudain éclate. Témoin cette chorégraphie finale, sur fond de blues lancinant qui renvoie à William Faulkner aussi bien qu’à Knut Hamsun, mais aussi à Nick Cave, s’achevant dans un délire psychédélique où la guitare s’emballe. Ou encore cette séquence de free jazz aux accents tsiganes qui accompagne la première séquence dansée. Si la mobilité des danseurs se dispute à l’immobilité des corps inertes des acteurs, ensevelis sous une couche de poussière ou de cendres, l’ensemble s’accélère avec un désespoir imperceptible dans une chorégraphie de la chute, où chacun se voit condamné à tomber, se relever, choir à nouveau, à l’infini : d’une chaise, d’une table, d’un ponton, le long d’une pente. Dans la loge de la radio, c’est l’explosion, encore et encore. Sommes-nous tous des Sisyphe ?

Ce grand final apocalyptique, certains n’auront pu en jouir. Car auparavant, entre une annonce de la danse de la chute, où des duos s’amusent à amortir le corps de leur partenaire tombant en pamoison, et une époustouflante séquence où tous les danseurs allongés reproduisent de concert les mouvements de l’un d’entre eux, retourné comme une crêpe par l’animateur de Sonic Boom, à l’envi, la fameuse scène annoncée en préambule vient faire fuir les plus chatouilleux. La même voix enregistrée énonce calmement ses ordres. Sur scène, une figure du Christ s’exécute. Il casse la bouteille, s’entaille la poitrine, se fait molester par un camarade, exhibe son vit, se coupe les veines si Simon ne lui exhorte pas de s’arrêter. Cette séquence se répètera plus tard, suivant les mêmes règles du Jacques (Simon) a dit : cette fois, une femme saute à pieds joints sur le ventre d’un homme, après lui avoir notamment explosé les parties. Réminiscences du travail de Jan Fabre, avec qui Vandekeybus a collaboré par le passé. Dans la salle, mêmes réactions indignées : «Quel intérêt ?», se demande à voix haute, derrière moi, une dame outrée qui, visiblement, ne s’était pas préparée à recevoir cette violence. Son voisin lui rappelle qu’elle voit pire au journal de 13 heures. Les sièges claquent, certains outrés s’obstinent à rester, arguant qu’ils ont payé. Je les plains. On commence à entendre des sifflements. Une jeune étudiante lance : «Les vieux, cassez-vous !» Un autre fanfaron détend l’atmosphère en clamant : «Vive la Star Ac’ !» Résonances. La semaine précédente, sur cette même scène, les danseuses levaient la jambe et arrosaient les planches de leur pisse, faisant fuir une bonne partie de la salle. Mais contrairement à The Crying Body, la création de Vandekeybus vous accompagne longtemps après. La bruine s’est incrustée dans les pores de la peau et de l’esprit. Et le Christ, en saluant sous les huées noyées par les applaudissements, souriait pour nous rappeler qu’il y a bien plus violent.


S. a encore frappé...

.ps.: Le vendredi 11 février 2005 à 18h, le Théâtre de la Ville diffuse Blush, un film danse de Wim Vandekeybus. Entrée libre, mais confirmation demandée au service Relations avec le public 01.48.87.54.42.