Ambiance. La circulation n'a pas encore été coupée devant le palais, les badauds ne se pressent pas encore à ses portes, quoique la mafia des escabeaux a déjà posté ses premiers sbires pour tenir le siège devant les marches, sur lesquelles on n'a pas encore déroulé le tapis rouge, mais qu'on prend tout de même en photo, les affiches se tutoient sur la Croisette, les clapets des casiers des journalistes n'ont pas encore entamé leur incessant concert, et le staff arbore son plus frais sourire devant les quelques correspondants déjà présents qui ne se bousculent pas encore pour accéder en salle de presse à un clavier.

On salue les visages (re)connus, cotoyés  l'an passé et qu'on a l'impression d'avoir quittés la veille, on profite des quelques heures de soleil dont les prochains jours enfermé en projection nous priveront, on fourbit ses armes en attendant la première projection, le lendemain, à 10h : Blindness de Fernando Mereilles. Le réalisateur de l'excellent Cité de Dieu et du succès public The Constant Gardener ouvre les hostilités avec une histoire d'épidémie otant la vue à l'humanité, Je suis une légende chez les aveugles, en somme.