.60e.Festival.de.Cannes.[11].
Finalement, le 60e Festival de Cannes ne se démarque pas spécialement des précédents, là où on aurait pu s'attendre à des manifestations exceptionnelles, de grands raouts mondains ou des happenings historiques pour marquer le coup. Pas de nouveau jingle d'ouverture avant chaque séance, pas de nouvelle salle de conférence plus grande. Juste un beau sac (avis personnel, vous savez, les goûts et les couleurs), une grande salle supplémentaire, aux allures extérieures de Zénith parisien, baptisée justement salle du 60e, et ce film collectif (Chacun son cinéma), composé de petits segments de 3 minutes chacun réalisés par de grands noms du 7e art. Au début de chaque projection, le public a droit à l'un de ces courts métrages (il paraît qu'on a pu voir l'ensemble à la télévision et que le DVD est d'ores et déjà en vente). Si le segment signé Gus Van Sant déçoit et celui de Claude Lelouch irrite, force est d'admettre que nombre d'entre-eux remplissent la commande avec panache, style, humour, gravité, talent. Ainsi, un grand coup de coeur pour le Morreti, qui, comme Lelouch, joue la mégalomanie en se mettant en scène dans diverses salles obscures, mais avec en plus ce sens de l'anecdote et un beau discours sur l'idée de transmission, de partage, d'échange d'une passion. Dans la même idée de transmission et de partage, mais traités de manière complètement différentes, le Zhang Yimou, qui raconte la visite d'un cinéma itinérant dans un village reculé et enthousiaste, ou encore celui des frères Coen, où un guichetier de cinéma d'art et d'essai conseille un bouseux sur le cinéma d'auteur, à savoir, Les Climats, de Nuri Bilge Ceylan. Exercice difficile que de mettre en image et en histoire sa propre idée du cinéma en quelques minutes. Un exercice auquel chacun d'entre-nous pourrait se prêter.
En attendant le palmarès demain soir, Cannes semble s'être vidé de moitié. On ne se bouscule plus aux conférences de presse (Kusturica, Kawaze et Arcand aujourd'hui) ni à la salle de presse, où plusieurs postes d'ordinateurs restent libres. Les journalistes qui planchent encore luttent pour ne pas piquer du nez devant leur écran, quand d'autres lâchent prise et s'affalent sur les banquettes du club de la presse (où on a une vue sur le port, le photocall et la salle du 60e) pour sombrer sans complexe dans les bras de Morphée. Après le passage d'un orage, les terrasses des cafés aux abords du Palais sont à nouveau prises d'assaut, et les badauds arpentent nonchalamment la Croisette. Les dernières fêtes se sont achevées cette nuit. il en reste encore quelques unes ce soir, mais peu paraissent motivés. Peut-être un petit tour à l'incontournable Petit Majestic suffirait pour clore tranquillement cette quinzaine.





Commentaires
Il s'agit sans doute de nous faire patienter jusqu'au verdict.
Ou bien est-ce là le personnage extrait d'un des songes qui envahissent votre réalité ?
Après ces nuits blanches, ces journées obscures, l’œil toujours en éveil… je veux bien croire que de tels anges vous apparaissent.