Festival de Cannes, 7e jour. A mi-parcours, on dresse un premier bilan, d'où se dégagent des évidences. Les actrices nous en mettent plein la vue, de la violence du corps de Charlotte Gainsbourg chez Lars Von Trier (Antichrist) à la justesse de Giovanna Mezzogiorno, incarnant l'épouse illégitime de Mussolini dans l'excellent Vincere de Marco Bellocchio, vu hier, en passant par Katie Jarvis, l'ado rebelle du Fish Tank d'Andrea Arnold.

 

Du côté de la compétition, les habitués de la Croisette se contentent de nous livrer leur savoir-faire, sans réelle surprise : Almodovar nous fait du Almodovar, Loach nous sert du Loach... Quant à ceux qui ont tenté la prise de risque, comme Park Chan-Wook ou Lars Von Trier, ils échouent à signer une oeuvre aboutie et ne parviennent pas à rencontrer leur public (entre-nous, existe-t-il un public pour  Antichrist, hormis les poseurs snobinards de mauvaise foi et plus que suspects dans leur opinion, qui s'empresseront de le défendre pour mieux avoir le sentiment de briller en société et d'appartenir à une nouvelle espèce de visionnaires ?) ou à remporter l'adhésion. Il faut aller chercher du côté des outsiders pour goûter au sentiment de se trouver face à une véritable proposition de cinéma. Si Un prophète, de Jacques Audiard, reste, n'en déplaise à ses détracteurs, l'une des bonnes surprises de cette édition, il est cependant étonnant de voir son souvenir progressivement s'estomper au profit du seul choc cinématographique, à l'heure qu'il est :  Kinatay, de Brillante Mendoza. Un trip dans l'horreur qui relègue les provocations insignifiantes de Lars Von Trier au rang de farce fumeuse. Enfin, autre coup de coeur ici (et c'est sans snobisme aucun) que nous  défendons contre la majorité qui a détesté : le petit bijou de Johnnie  To, Vengeance.

62e Festival de Cannes