12/12/2004
.Soyons.désinvoltes.
Category: .Moland.Zikov.

"Le tragique est survenu entre-temps, avec sa part d’irrémédiable. D’aucuns voudraient tout effacer. Je crois au contraire que le propre de l’homme, ce qui le fait grand, est la mémoire, où l’on regarde le pire et le meilleur. Il le rend plus problématique. A chacun, désormais, de faire son usage de la mémoire". (Bernard Comment)


Il nous reste des traces. Tombé par hasard, en musardant dans les rayons d’un grand magasin, sur un petit livret au titre énigmatique et au nom plus qu’évocateur. Rapide coup d’œil sur la quatrième de couverture, pour apprendre qu’en juillet 2002, «lors du festival de Montpellier Radio-France, Noir Désir répondait à une invitation de France Culture pour un concert unique.» Dans un cadre exceptionnel, le cloître du couvent des Ursulines, le plus grand groupe de rock français de tous les temps ne s’est pas contenté de répondre à l’invitation, mais s’est livré à une véritable performance, avec tout ce que cet exercice implique d’improvisation, d’aléatoire, de magique et d’exceptionnel. Les éditions Verticales restituent dans ce petit livre, accompagné d’un CD, le texte de ce long morceau de 55 minutes, titré Nous n'avons fait que fuir, tendu comme un titre des Doors, violent comme une colère sourde, poétique comme l’œuvre d’un Rimbaud ou d’un Lautréamont, frénétique comme le chant d’un Brel.
Impossible de dissocier l’œuvre de Noir Déz du drame au cœur duquel se place son leader charismatique, Bertrand Cantat. Est-ce la fin du groupe pour autant ? Trop d’encre a coulé à ce sujet, alors pourquoi y revenir, à l’occasion de cet achat ? Simplement parce qu’il y a peu, je suis tombé sur un clip du groupe interprétant en duo avec Bashung une chanson, «volontaires», juste le temps de nous rappeler que les petits nouveaux, Luke, Saez, et consort, auront beau se racler la gorge, la laisser dérailler au bout de certaines phrases, ou encore rouler les r, personne ne remplacera ni n’égalera la force poétique des textes de Cantat, dits, susurrés, hurlés, déclamés comme dans cette longue incantation, avec autant de maîtrise et de cœur. Ce soir Bertrand ne dérange que les démons et les anges, mais son ombre continue de traîner sur les platines, dans les esprits des amoureux du rock à texte. Au patrimoine. Et on continuera à se méfier des contrefaçons. Il n’est pas encore venu, le temps où l’œuvre de ce groupe mythique et unique, loin d’être enterré, aura entraîné le public dans la lassitude. Lost, peut-être, mais not stranded yet.
.Nous.n'avons.fait.que.fuir.[Bertrand.Cantat].
.Editions.Verticales.
.photos.:.Bertrand.Jamot.





Commentaires
Ceux qui ne trouveront pas passeront la nuit avec Roger Zabel.
Dans les deux cas c'est foutu, faut pas jouer...
"je peux lui en faire voir de la sérénité
Et même lui laisser un certain goût de fer
"
"firewall à connasses", j'adeure !
Ben vous voyez...
« Aguire la colère de Dieu » (Plus joli en Allemand, avec ce beau génitif : « Der Zorn Gottes »)..
Pour être plus sérieux : tu ne peux affirmer que la musique de Noir Désir ne vaut rien, car à mon sens, je ne connais aucun autre groupe, français, ou même anglosaxon, qui possède leur son et leur style. Car on peut et doit parler de style en ce qui concerne Noir Dez, reconnaissable dès lors qu'un concurrent essaie de surfer dans son sillage. Noir dez se reconnaît parmi cent tout comme on distingue un son U2, par exemple. Musicalement, Serge Teyssot-Gay, le guitariste, possède un jeu de guitare bien à lui, ne se contente pas d'aligner des accords (mi mi ré etc... la base du rock), mais innove, crée, pond, accouche : témoin, ce riff d'une originalité qui tue, sur le morceau "Tostaky". Si l'album "666.667.Club" se montre plus accessible et plus consuel, il ne faut pas oublie que juste avant celui-ci, Noir Dez signent leur meilleur album avec "Tostaky", avec des titres plus que surprenants, tant sur le plan de la construction que de l'ambiance, je pense à "Lolita nie en bloc", tout en ruptures et dissonances. Non, Noir Dez ne fait pas dans le conventionnel. De plus, tout en gardant son identité et son intégrité, ce groupe sait évoluer et se renouveller. Ainsi donc, après nous avoir servi du neuf, mais rien de nouveau avec "666...", ils signent leur album le plus mature en lorgnant vers de nouvelles expérimentations, avec "Des visages, des figures". Plus calme, plus instrospectif, plus expérimental peut-être. De leur premier mini-LP à cet album, on voit une progression notable, avec l'apparition des cuivres d'Akosh sur "666..." après l'utilisation du violon sur "Du Ciment sous plaines", et la guitare sèche sur "Des visages...".
Alors oui, le groupe bénéficie d'une grosse production, et c'est tant mieux, je ne vois le problème. Mais tu l'attaques avant tout sur sa créativité, et c'est là que je tique... Même les premiers albums proposaient quelque chose de nouveau dans l'univers du rock français, qui nous avait habitué à des groupes comme Téléphone, très binaires finalement, donc très datés... Dans "Veuillez rendre l'âme", leur premier véritalbe album, on trouve déjà une variété de registre, avec des morceaux courts au piano, des accélérations, des ruptures, et des paroles rimbaldiennes savoureuses... Le suivant, du ciment sous les plaines, commence quand même avec "En route pour la joie", un morceau pas facile d'approche à la première écoute. Faut pas déconner, ND, c'est pas Evansence ou Kyo, et encore moins Luke ou Saez... En tout cas, ce groupe reste le plus grand dans l'histoire de la musique française... Même lorsqu'ils s'essaient à l'électro, a priori pas du tout leur rayon, ils réussissent à garder cette honnêteté qui fait leur force...
Maintenant, pour répondre à ta question, j'ai du mal à me dépatouiller de ton logiciel, je suis excessivement novice en la matière, mais j'ai bon espoir de voir aboutir mon projet de radio. Et je te rassure, même si je ne dédaigne pas d'inclure un ou plusieurs Noir Dez à la programmation, je compte bien proposer des artistes moins "évidents"...
C'est trop rapide mais je n'ai pas beaucoup de temps. Et je ne suis pas méchant mais parfois irrité par le peu de gens a réellement prendre le temps d'écouter la musique, toutes les musiques...
Quant à la musique électro acoustique, industrielle, expérimentale, dont tu sembles amateur, j'ai eu une longue période qui m'a permis de m'ouvrir encore plus les écoutilles et l'esprit. Dois-je pour autant cracher sur la soupe plus accessible, surtout lorsqu'elle est de qualité ?
"Sache que je n'oublie rien, mais qu'on efface"... Moi je trouve ça puissant... Et des exemples, je peux t'en refourguer tout plein d'autres... Je ne vois aucun autre groupe de rock français qui donne envie de s'intéresser aux textes autant qu'à la musique...
J'aurais bien du mal à te citer un groupe de rock français (les textes de Marc Seberg était pas mal du tout) avec des paroles intéressantes (Orchestre rouge c'est français ?). Ah, si ! Un groupe qui s'appelait De part et d'autre au milieu des années 80. Maintenant je dois dire que les paroles m'intéressent assez peu, la chanson ne m'intéresse pas.
Quand je pense que maintenant je vais devoir me "taper" un album entier de ND... Bravo .Moland.
Quant à Young Gods, sauf erreur de ma part, ils sont Suisses...
"On peut caresser des idéaux sans s'éloigner d'en bas
On peut toujours rêver de s'en aller mais sans bouger de là [...] Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ?
Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d'une boîte
Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu'on entrevoit
Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie"
"On l'a vu dans la poussière
Avec les chats des cimetières
Glissant entre les fissures
Frôlant les tombes et leurs murs
Dans la chaleur de l'été
Les os des hommes pourrissaient
Joey ce soir ne dérange
Que les démons et les anges"
"Lolita nie en bloc elle navigue au loin sous
Les cils a cent lieues de se douter que les
Silences et la jalousie la guettent elle oublie
La liste et l'allonge encore elle veut s'isoler
Et alors elle s'absorbe dans la contemplation
De ses pieds
Un ange passe
Un ange passe
Et puis son doigt décrit dans l'air des étoiles
Ou bien des éclairs elle ignore si superbement
Les sentiments les aléas de l'amour elle s'avance
Vers la fenêtre abandonnée lascive et elle
Couvre le ciel de mille signes étranges et inconnus de tous
Un ange passe
Un ange passe
Désolé Lola je n'ai pas su déchiffrer le sens
Secret de tes gestes lents aérés, simulacres ou
Magie futile a moins que le vide et l'ennui
Ne s'emparent de toi Lolita et si cette bulle pleine
De rien voulait se crever enfin
Un ange passe
Un ange passe"
Maintenant, c'est pas un drame !
Willy, Willy, Willy... Merci d'avoir essayé... Une nouvelle écoute objective n'aura pas eu raison de ta mauvaise foi ;)
Rhhhooo... J'déconne...
Où vont ces pères dieux
Ouvrez les persiennes
La jalousie des dieux
Ouvrez
On commemore la foudre
Ouvrez
Où vont ces martiens
Où courent ces chiens bleus
Siroter la mer
Se faire devenir vieux"
Moland, tu peu me dire si c bien ça pour "pères dieux"
merci
Romain avait collaboré sur l'album "des Visages des figures" de Noir Désir. Eiffel est souvent "associé" à Noir Désir en tant que "ressemblance" dans le domaine rock français. Pour ma part, ayant vu à ce jour pas mal de concerts, que ce soir de Eiffel ou Romain en solo, je ne trouve pas. A part, peut être cette franchise et cette générosité sur scène.
Merci de parler du passage de Eiffel à l'Olympia, il va falloir la remplir, cette sacré bon Dieu de salle !!!