Category: .Moland.EdiTokov.

.AVERTISSEMENT. : ceci est un spoiler. Il ne s’adresse qu’aux happy few qui, pour l’heure, ont eu le privilège de voir la saison 3 de 24 (24 heures chrono), et en particulier le fameux épisode 14. Si vous êtes fan, mais n’en avez pas encore eu la primeur, passez votre chemin. Nous laissons volontairement plusieurs espaces après cet avertissement pour que vos yeux ne tombent pas par mégarde sur le texte qui suit.

La série déjà culte24 est morte avec Nina Myers, personnage récurrent et emblématique des trois saisons tournées à ce jour. La première moitié de la saison 3 s’est fixée comme mission de servir un coup de théâtre à la fin de chaque épisode, mais celui qui clôt l’épisode 14, le plus traumatisant de tous, glacera longtemps les veines des spectateurs. Résumé : après avoir déjoué un complot visant à éliminer le futur président des Etats-Unis, puis après avoir sauvé Los Angeles d’une menace nucléaire et évité le déclenchement d’une guerre, Jack Bauer, agent fédéral travaillant à la cellule anti-terroriste, doit à présent empêcher un virus mortel d’être lâché dans la nature. Comme dans les précédentes affaires, Nina Myers joue un rôle clé.
.Mais.qui.est.Nina.?.
La grande force de la première saison, c’était elle. Ex maîtresse de Bauer, elle le connaît intimement, et s’affirme rapidement comme son plus sûr soutien logistique, son meilleur back-up, son alliée la plus fidèle. Les scénaristes l’écartent habilement de la liste des traîtres potentiels infiltrés dans la CAT. D’épisode en épisode, elle se montre indispensable, alors qu’elle passe le plus clair de son temps pendue au téléphone ou derrière l’écran de son ordinateur. Pourtant, à la fin de la saison, elle dévoile une partie de son vrai visage : Nina n’est pas Nina, mais Yelena. Elle qui a sauvé plus d’une fois la vie de Bauer, elle s’avère travailler pour les Drazen, une famille de Serbes qui en veulent à la peau du sénateur Palmer et à celle de Bauer. Elle parle couramment le serbe, bénéficie de contacts en Allemagne, et toutes ces révélations semblent n’être que l’arbre qui cache la forêt. En effet, si elle opère vraiment pour l’ennemi, pourquoi aide-t-elle si efficacement Bauer dans sa lutte, plutôt que de lui mettre des bâtons dans les roues ? La scène où elle croise l’un des tueurs dans une chambre vide de l’hôpital garde son lot de mystère. La saison 1 s’achève sur son arrestation, après l’assassinat de la femme de Bauer, qui lie à jamais les deux agents. Quelle surprise et quelle joie de la revoir à la saison suivante, durant quelques épisodes où les face à face entre les deux ennemis mortels se multiplient (cf. le post de Sandrine Marques, disponible sur le blog Contrechamp : .ici.). Chaque adversaire profite de la moindre occasion pour avancer ses pions, au cours d’une partie d’échec où chaque coup peut s’avérer décisif. Nina se révèle au passage comme le double de Jack. Déterminée, froide, affûtée, extrêmement dangereuse.
.Les.yeux.dans.les.yeux.
Dans la saison 3, son apparition frôle pourtant le ridicule. Prolongement du duel qui débute à la fin de la première saison (témoin cette scène où Nina tente de renverser Jack, rappelant les joutes moyenâgeuses) et se poursuit dans les suivantes, leur rencontre tient de la facétie de scénaristes conscients du pouvoir de fascination qu’exerce ce personnage sur les fans. La voir impliquée dans toutes ces sombres affaires relève du surréalisme. Si bien que le spectateur en vient à se demander comment cette confrontation saisonnière va s’achever. Un long et interminable affrontement ? Une énième arrestation ? Une fuite de la belle espionne nous donnant rendez-vous dans une prochaine saison ? Une improbable rédemption ? Non. Puisque les coups de théâtre n’ont d’égal que le nombre de cadavres par épisode, le 14e de la saison 3 se termine sur une première surprise, qui laisse présumer de la disparition définitive du personnage : Nina, interrogée par un autre amant abusé (Tony Almeida), se tranche la gorge. Belle fin que le suicide. Elle s’en va comme une princesse, fidèle à elle-même, emportant tous ses secrets dans la tombe. Il reste cinq minutes avant la fin de l’épisode, très longues, pendant lesquelles il peut se passer beaucoup de choses. Et il s’en passe, des choses. Nina se débarrasse de ses gardiens, disparaît, et se retrouve dans une salle qui rappelle celle où elle élimina Terry Bauer. Kim l’y retrouve, la tient en joug. C’est donc cela : la fille va venger la mort de sa mère. A moins que ce ne soit Nina qui ajoute une nouvelle victime à sa liste. Surgit Bauer, qui tire sur Nina. Chaque seconde se charge d’intensité. Plan suivant : Nina, à terre, vit toujours. Elle respire, on respire. Jack chasse Kim hors de la pièce pour se retrouver seul avec Nina, ce n’est pas fini. Comme une balle de match qui s’obstine à se prolonger. La caméra s’attarde sur la main ensanglantée de Nina qui glisse vers l’arme tombée à quelques centimètres. Champ, contrechamp, les adversaires se toisent en silence. « You don’t have any more usefull information, do you, Nina ? », affirme Jack, plus qu’il ne le demande. « I do. », supplie Nina, plus qu’elle ne répond. Gros plan sur le regard de Jack, qui lance un coup d’œil sur la main de Nina tâtonnant vers le pistolet. « No, you don’t », lance-t-il, comme une sentence, exécutée la demi seconde suivante. Nina, terrassée par trois balles, meurt sur le champ et hors champ. Le dernier coup de feu est filmé de plus loin, le cadre réunissant les deux personnages pour une ultime fois. Les deux derniers plans montrent tour à tour le regard figé de Nina, surprise par la soudaineté de la mort, et celui de Jack, impassible, qui ne l’a pas quittée une seconde des yeux. Terrifiant. La force de cette scène tient autant dans son filmage que dans toute l’histoire de la relation entre les deux protagonistes qu’elle contient. Jack se définit comme un tueur au sang froid, qui aurait tout aussi bien pu servir l’ennemi, tout comme le lui fait remarquer le chef du commando détenant une puce, dans la saison 2, et l’une de ses spécialités consiste à enfreindre les règles, voire à sacrifier des individus, pour parvenir à ses fins. Ici, il s’assure qu’il se retrouve seul avec Nina pour assouvir sa vengeance, et la présence de l’arme à proximité d’elle lui donne une excuse pour plaider la légitime défense. Finalement, il n’achève pas lâchement un adversaire à terre, il porte le coup de grâce d’un affrontement qui aura duré des années, au risque de faire disparaître un témoin clé. Répétition d’un geste déjà accompli à la saison 1, mais Nina était encore son alliée, et l’exécution n’était qu’un simulacre. Echec et mat.
.Nina.vs.Kim.
Nina éliminée, que reste-t-il de 24 ? Sherry Palmer, autre personnage fourbe et manipulateur dont les réapparitions s’accompagnent toujours de nouveaux problèmes ? Les affaires personnelles du président Palmer tirent la série vers l’ennui. Quels adversaires demeurent suffisamment inquiétants pour nous faire oublier Nina ? Les frères Salazar ? Malgré leurs efforts pour rendre leurs rictus menaçants, leur fin funeste relève du pathétique. Idem pour Amador, le classieux vendeur de virus. Quant aux autres personnages secondaires, on se demande pourquoi les scénaristes ne leur ont pas encore réglé leur compte, Kim Bauer en tête. C’est simple, tous ses petits amis connaissent un destin tragique : soit ils finissent en prison, soit ils perdent une jambe. Alors que la fin de la saison 2 avait exploré l’intéressante piste de la transmission (le père commandant par téléphone à sa fille d’exécuter un homme à terre, de sang froid), on la retrouve, toujours peroxydée, mais cette fois cooptée à la CAT, au début de la nouvelle saison, et entretenant une relation avec l’équipier de Jack. Bref, elle n'a pas changé, si ce n'est qu'elle a cédé à la mode de la frange. Taper sur un clavier n’enlève rien à ses airs de potiche, et si on y réfléchit bien, elle est loin d’être aussi indispensable que Nina a pu l’être, et on se prend à rêver d'une fin alternative de l'épisode 14 où Nina se serait débarassée de la poupée Barbie avant de disparaître. Tout ce qu’elle apporte à la série, hormis un sex-appeal qui ravit les amateurs de fausses blondes à gros seins qui voient en elle une icône ellisienne, sont des obstacles supplémentaires sur la route de Jack. Après la mort de Nina, l’(les) épisode(s) suivant(s) paraî(ssen)t bien fade(s). Tous les personnages clés semblent disparaître les uns après les autres, sauf celui de la gentille fille à papa dont le rôle se réduit à faire des O avec la bouche. Vivement que Mandy repointe le bout de son joli nez pour lui régler son compte. On sait que le bien triomphera, et même si 24 continuera de nous réserver des surprises, la série a perdu un peu de son intérêt avec la sortie, certes réussie, de Nina. Rest in pieces.




Commentaires
Je suis un de ceux qui n'ont pas vu la troisième saison:(
Bien à toi
R