Pas très fan de cirque. Pourtant, force est de constater qu’on ne peut que sortir conquis d’une représentation des Arts Sauts. S. m’a emmené voir leur nouveau spectacle, Ola Kala, sous le chapiteau de la Villette. On y pénètre dans une quasi obscurité, pour se caler dans l’un des transats installés tout autour de cette structure métallique à peine visible. La position confortable qui oblige le regard à se tourner vers le plafond vous fait penser qu’au moins, vous dormirez bien, si l’ennui vient poindre. Soudain, des ombres, des silhouettes, petits farfadets espiègles, apparaissent aux abords du filet. La lumière se fait plus intense, et ces petites créatures vous entraînent dans les hauteurs, accompagnées de leurs musiciens, interprétant des morceaux un tantinet new-age, savant mélange d’électro et de chants ethniques. Pluie de talc, ombres projetées sur les murs, composant des hydres fantastiques, plongeons et vols mêlés exploitant l’ensemble de l’architecture, en apesanteur, l’équipage repousse les lois de la gravité avec délice et vous réconcilie avec le trapèze. Il paraît que Ola Kala signifie «tout va bien» en grec. Une façon de conjurer le sort. Il y a quelque temps, la troupe a traversé une épreuve douloureuse, lorsque l'un de ses acrobates a fini paralysé après un violent télescopage. Ce soir-là, le sort ne les a pas désarçonnés.



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